Résumé:
En Algérie, le problème d’alimentation du cheptel se résume à la pauvreté
de l'offre fourragère due à la faiblesse des superficies emblavées, au manque d’eau
et à la non maîtrise des techniques culturales
Pour cela, il est plus qu’urgent d’étudier et de relancer de nouvelles variétés
fourragères adaptées aux conditions algériennes afin de mieux couvrir les besoins
nutritionnels des animaux.
Parmi les fourrages qui semblent répondre au mieux aux caractéristiques
du climat du sud méditerranéen, les graminées pérennes ont une importance
majeure dans le système de production agricole et une place importante du point
de vue économique et santé.
La connaissance de la valeur nutritive des fourrages destinés aux ruminants
est indispensable pour la pratique du rationnement à fin de couvrir leur besoins
nutritionnels et éviter les déséquilibres alimentaires.
A travers la première étude faite à l’ITELV, nous avons constaté
globalement que son élevage bovin laitier est confronté à des contraintes d’ordre
alimentaires que techniques qui bloquent sérieusement les perspectives
d’amélioration des performances du cheptel. Les techniques de rationnement sont
aussi absentes sur terrain. Les vaches laitières reçoivent une ration distribuée
indépendamment de leur stade physiologique ou de leur niveau de production tout
le long de l’année.
Les mauvaises pratiques alimentaires semblent avoir des incidences
graves sur la santé de la vache et permettent d’agir à court terme et d’une manière
différente sur les taux de matière grasse et protéique qui varient selon le régime
alimentaire, le type d’apport azoté et énergétique dans la ration, notamment pour le
TB qui varie plus que le TP sous l’effet de l’alimentation.
Concernant la 2ème étude, notre essai a mis en évidence l’intérêt de
l’introduction des fourrages verts à base de graminées dans le système fourrager
algérien. Il a montré la capacité d’adaptation de ces variétés pérennes aux
conditions d’alimentation hydrique difficile, même à des basses températures, de
produire en quantité et en qualité pour les ruminants domestiques grâce à leur
valeur énergétique et azotée.
Dans l’ensemble, nos variétés pérennes ont donné des productions
fourragères satisfaisantes par rapport à la littérature et les meilleurs rendements en
matière verte ont été notés par les variétés Porto bis (23,53 t/ha) et Fraydo
(13,06 t/ha) respectivement pour le Dactyle et la Fétuque élevée.
Dans les mêmes conditions du déficit hydrique, les variétés pérennes ont
eu des valeurs nutritives supérieures à celles des graminées annuelles et
satisfaisantes par rapport aux autres travaux réalisés sur les mêmes espèces.
Globalement, les variétés de l’espèce Fétuque ont donné les meilleures
valeurs énergétiques(en moyenne de 0,79 UFL et 0,73 UFV) et azotées (en
moyenne de 76,08 g PDIN et 81,7 g PDIE / kg de MS) par rapport aux autres
variétés mises en essai.
Il y a lieu de noter que l’essai des graminées pérennes a pratiquement
présenté des dMO très satisfaisantes par rapport à celles données par les variétés
annuelles avec des valeurs moyennes respectives de 69,03 et 66,26%.
Par rapport à la littérature, les graminées pérennes, malgré le stress
hydrique, ont enregistré des teneurs faibles en Ca et P (respectivement 0,95 et 0,18
g / kg de MS en moyenne) et sont supérieures à celles des graminées annuelles.