| dc.description.abstract |
introduction : La recherche tente depuis de nombreuses années de définir des facteurs
de risque de passage à l’acte violent chez les patients souffrant de schizophrénie. Si
cliniquement les contours semblent définis, beaucoup d’inconnues restent à explorer sur
le plan biologique. Le lien entre schizophrénie et inflammation est maintenant
clairement démontré, mais il ne l’est pas encore suffisamment en ce qui concerne la
dangerosité des patients. D’autres éléments sont retenus comme liés à la dangerosité du
schizophrène, comme la sérotonine, le cortisol, le cholestérol, les métabolites lipidiques
et les données de neuro-imagerie.
Objectif de la thèse : Dans ce travail, nous tentons de définir les particularités cliniques
et secondairement biologiques, d’une population algérienne de schizophrènes auteurs
d’homicides. Il inclut la totalité des patients souffrant de schizophrénie auteurs
d’homicides, hospitalisés au niveau du service de psychiatrie légale de l’EHS Frantz
Fanon, Blida, entre juillet 2017 et juillet 2020.
Méthodologie : 57 schizophrènes auteurs d’homicides volontaires ont été inclus selon
les critères du DSM IVR et évalués sur le plan sociodémographique et clinique (grâce
aux échelles PANSS, HCR 20, Q8). Des statuts inflammatoires (CRP, profil
inflammatoire), des auto-anticorps (AAN, ACL, B2gpI, AGA, tTG, DPG, ASCA, FI,
APCA, FR, anti-CCP, anti TG, anti TPO), et un dosage du cortisol, ont été déterminés
au niveau des départements d’immunologie de l’Institut Pasteur d’Alger, et du CHU
Mustapha d’Alger. Les résultats biologiques ont été comparés à ceux de 60 patients
schizophrènes non dangereux et 60 témoins sains.
Résultats : Dans notre population, les patients auteurs d’homicide ont une moyenne
d’âge de 33,1 ans, ils sont le plus souvent de sexe masculin, célibataires, avec un bas
niveau de scolarité, ils n’ont pas d’emploi et sont sans revenu. Une notion de violence
subie, physique et/ ou sexuelle, est retrouvée dans l’enfance dans 28,1% des cas. Dans
51,6% des cas, les patients avaient fait preuve de violence physique avant l’acte, mais
dans 71,8% des cas, cette violence est apparue après le début de la schizophrénie, au
côté d’une impulsivité comportementale. Une comorbidité addictive est retrouvée dans
80,7% des cas. La violence dans notre population est le plus souvent liée au type de
schizophrénie paranoïde et aux symptômes positifs de la maladie. Sur le plan
biologique, des taux plus élevés de cortisol ont été retrouvés chez les patients
dangereux, comparativement aux non dangereux et aux témoins sains (p value = 0,05).
Ce cortège clinico-biologique oriente vers une agression d’hyperactivité chez ces
patients et non pas à une dangerosité trait antérieure à la maladie.
Dans la population de schizophrènes comparativement à la population témoin, nous
retrouvons des éléments significatifs d’inflammations avec des CRP (OR à 2,16,IC à
95% [0.99-4.96],p value = 0,039) et des profils d’inflammation chronique (OR à8,71,IC
à 95% [1.19-63.94],p value = 0,007). Mais aussi de pathologies auto-immunes (OR à
4,13, IC à 95% [2.11-7.98],p value 0,00). Par contre aucune différence d’immunoinflammation n’est retrouvée entre les deux groupes de schizophrènes dangereux et non
dangereux.
Conclusion : Dans ce travail, qui est le premier de ce type en Algérie, nous dressons un
profil sociodémographique, clinique et bio-immunologique du patient souffrant de
schizophrénie auteur d’homicide. Il donne aussi, par la même occasion, les premières
données d’immuno-psychiatrie sur une population de schizophrènes algériens. |
fr_FR |